1991
6 décembre
Photo : HINA / Pavo Urban

Dubrovnik, la « perle de l'Adriatique », assiégée et pilonnée

La cité médiévale de Dubrovnik, inscrite au Patrimoine mondial de l'humanité, est assiégée et bombardée tant depuis les hauteurs avoisinantes que depuis la mer, d'où la pilonne la marine « yougoslave », qui a mis en place un blocus naval, visant à empêcher la Croatie de se procurer des armes, vitales pour son autodéfense. Le siège de la ville débuté en octobre 1991 ne prendra fin qu'en mai 1992, lorsqu'il sera brisé par les forces croates. Durant ces huit mois, moins de mille défenseurs croates ont fait face à 30 000 soldats ennemis, appuyés par 120 pièces d'artillerie et 150 blindés. En tout, 428 soldats et policiers croates et 92 civils (y compris l'auteur de ce cliché, le photographe Pavo Urban) ont trouvé la mort à Dubrovnik et à ses alentours, tandis que 30 000 réfugiés ont dû fuir les combats.

1991
6 décembre
Photo : HINA / Božidar Gjukić

Le « Vendredi noir » de Dubrovnik

Lors de la terrible Saint-Nicolas de 1991, plus de mille projectiles ont été tirés de manière aveugle sur la vieille ville fortifiée, tuant 19 civils et 4 défenseurs, et endommageant ou détruisant plus de 460 édifices, dont 9 palais, ravagés par les flammes. À lui seul, le monastère franciscain, construit en 1317 et qui abrite depuis la troisième plus ancienne pharmacie au monde, a essuyé 37 projectiles. Ancienne cité-État et florissante république maritime, renfermant toujours de nombreux palais gothiques et Renaissance, Dubrovnik (Raguse) fut aussi en 1416 le premier État européen à abolir l'esclavage.